Au-delà des projets, il y a les gens

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Publié le 20 décembre 2018

JEANNE LAVOIE-DERASPE, COORDONNATRICE PARC À RÉSIDUS 

MINE CANADIAN MALARTIC

GARDIENNE DE L’ENVIRONNEMENT ET CHERCHEUSE D’OR

« Mes amis qui ne viennent pas de l’Abitibi disent à la blague que je suis une chercheuse d’or. » Est-ce pour la taquiner ou bien parce qu’ils ont de la difficulté à comprendre ce que fait une coordonnatrice du parc à résidus à Mine Canadian Malartic (MCM)? Probablement un peu des deux. « Quand je dis que je travaille en restauration, certaines personnes pensent que je travaille pour une chaîne de restaurants… » ajoute Jeanne Lavoie-Deraspe avec le sourire. Voyons ce que Jeanne réalise au sein de MCM, l’une des plus grandes mines d’or à ciel ouvert en opération au Canada.

Comme son nom l’indique, le parc à résidus est un lieu où sont déposés les résidus miniers provenant du procédé d’extraction de l’or. Ces résidus contiennent de l’eau de contact, qui ne peut être retournée à l’environnement sans traitement. Chez MCM, cette eau est retournée à l’usine de traitement du minerai où elle est réutilisée. « C’est comme un cycle sans fin », explique Jeanne.

Les résidus doivent être disposés de façon sécuritaire pour l’environnement dans un parc entouré de structures de retenue. Ces dernières sont des constructions qui servent à contenir les résidus. Ces structures doivent être rehaussées au fur et à mesure que les résidus s’accumulent. Jeanne coordonne la construction de ces structures et vérifie la stabilité géotechnique à partir de l’instrumentation en place. « C’est un gros travail d’équipe et tout est accompli dans le strict respect des normes environnementales », précise-t-elle.

À la fin de la vie de la mine, le parc à résidus devra être restauré laisser le site dans un état satisfaisant Plusieurs techniques, « qui ne cessent de s’améliorer », souligne-t-elle, sont utilisées. À la fin des opérations, tous les résidus seront disposés de façon sécuritaire. Ils seront ensuite recouverts et on y plantera des arbres; une nouvelle végétation apparaîtra. Il s’agit d’étapes obligatoires pour toutes les compagnies minières au Québec et sont très bien encadrées par la Loi sur les mines.

Originaire de Québec, Jeanne ne connaissait pas le secteur minier. « Ce que je connaissais de cette industrie me venait des médias », dit-elle. « C’était incomplet. » Elle savait toutefois une chose : elle voulait que son travail soit en lien avec la protection de l’environnement. Diplômée en génie géologique, Jeanne complète actuellement une maîtrise en restauration minière. Elle demeure convaincue d’avoir trouvé sa voie professionnelle.

Dans quelques années, à la fin des opérations minières, MCM devra procéder à la restauration de son parc à résidus. Jeanne en parle avec enthousiasme. Elle souhaite continuer de faire partie de cette grande équipe qui sculptera un nouveau paysage. Ce sera, pour cette gardienne de l’environnement, un « trip » extraordinaire.