Série Énergie et réduction des GES – Arianne Phosphate passe à l’électricité pour sécher le concentré d’apatite

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Publié le 13 mars 2018

Dans ce billet sur l’énergie et la réduction des gaz à effet de serre (GES), nous examinons un projet de la société Arianne Phosphate qui, bien qu’il implique l’utilisation de l’électricité, une forme d’énergie qui nous est très familière, nous démontre la créativité dont font preuve les sociétés minières pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Voyons comment Arianne Phosphate entend convertir un séchoir à l’électricité à son projet Lac à Paul.

La société Arianne Phosphate se consacre au développement du projet minier du Lac à Paul, un des plus importants nouveaux projets de phosphate au monde. Depuis 2010, Arianne Phosphate adhère à un programme de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. La direction de la société démontre ainsi sa volonté de réduire l’empreinte écologique de ses activités minières. Cette volonté se traduit par des gestes concrets, comme le remplacement du mazout lourd par l’électricité pour alimenter un séchoir.

Ghislain Goyette, directeur métallurgie, pilote un projet de séchoir électrique qui servira à sécher le concentré d’apatite produit à partir du minerai extrait de la mine.

L’apatite est séparée de la roche par un procédé de flottation (qu’il serait trop long d’expliquer ici). Le concentré passe par un filtre-presse qui en abaisse le taux d’humidité à 8 %. Il est ensuite placé sur un convoyeur qui l’amène à un séchoir flash (flash dryer) d’une trentaine de mètres de haut, où le concentré est rapidement séché par un flux d’air chaud.

Il y a moins de risque pour l’environnement, puisque l’électricité est transportée par des lignes électriques.

Par contre, les séchoirs électriques produisent une chaleur moins intense que ceux alimentés au mazout.

Analyse et défis

Le choix d’un séchoir électrique participe aux efforts d’Arianne Phosphate pour réduire son empreinte environnementale. Mais ce choix est assorti de défis.

Premier défi : disposer d’une alimentation en électricité suffisante, soit 140 mégawatts en tout temps

Le séchoir électrique consommera environ 40 mégawatts, ce qui est considérable. Il sera alimenté en électricité par la centrale de la Chute-des-Passes. Pour assurer l’alimentation en électricité, Arianne Phosphate devra construire à ses frais une sous-station réductrice de tension de 345 kV à 161 kV et une ligne de transmission de 161 kV. Cette ligne rejoindra les installations de la société situées à 48 kilomètres de la centrale de la Chute-des-Passes.

Second défi : s’assurer que la ligne sera fiable et qu’il n’y aura pas d’interruption de courant

Exposée aux éléments, la ligne électrique pourrait subir des bris. Qui a oublié la crise du verglas? Arianne Phosphate devra prendre les moyens pour que la ligne résiste aux intempéries. Beau défi de conception et de construction!

Troisième défi : la faisabilité économique du projet

C’est un projet ambitieux et respectueux de l’environnement, mais sera-t-il viable au plan économique? Les espoirs semblent permis puisque la société progresse dans la réalisation de ce séchoir.

Travaux et échéancier

Arianne Phosphate est à terminer la conception des plans de la ligne électrique, ainsi que les plans du séchoir. La société planifie démarrer la construction en 2017, des travaux qui s’échelonneront sur 2 ans.

MAJ

Au mois de février 2017, Arianne Phosphate a annoncé la conclusion d’une entente sur l’alimentation en électricité avec le ministre des Ressources naturelles et de l’Énergie. L’entente confirme qu’Hydro-Québec rendra disponible un bloc d’énergie additionnel de 14 MW pour les installations de traitement du minerai. À ce jour, ce bloc d’énergie réservé totalise 129 MW.

Avec ce bloc d’énergie, Arianne Phosphate sera en mesure d’alimenter la totalité de ses installations de transformation en énergie hydro-électrique. La société deviendra le producteur de concentré d’apatite ayant le taux de gaz à effet de serre le plus faible sur le marché.

Une portion significative de ce bloc d’énergie sera dédiée à l’utilisation du séchoir électrique (comme expliqué précédemment). Avec cette technologie novatrice, Arianne Phosphate évitera des émissions des GES correspondant à 86 000 tonnes métriques par année en équivalent de CO2.

Quels commentaires vous inspire ce billet? Faites-les nous connaître.

Nos remerciements à Éric Arseneault, directeur, Environnement et développement durable, chez Arianne Phosphate, qui nous a fourni les renseignements utiles à la rédaction de ce billet.